La gérante d’un élevage situé dans le Provinois et son mari sont accusés de maltraitance sur animaux. Le tribunal de Melun rendra son jugement en juin.

« Mes chiens, mes chats, c’est ma famille », a défendu une éleveuse du Provinois, qui comparaissait mardi au tribunal correctionnel de Melun, accusée comme son mari, absent de l’audience, de mauvais traitements, actes de cruauté envers un animal et escroqueries. Le jugement a été mis en délibéré au 4 juin.

Les photos du dossier, ainsi que les explications quelque peu péremptoires de la prévenue n’ont pourtant pas plaidé en sa faveur. « Elle vous agace parce qu’elle a réponse à tout », a justement relevé son avocat, Me Herbière, en invoquant la franchise de sa cliente.

Lorsque les gendarmes ont perquisitionné au domicile de son couple, le 11 février 2014, à 10 heures, ils ont découvert un véritable capharnaüm, en même temps qu’une « arche de Noé » pour reprendre les propos du procureur Cédric Le Grand.

Plusieurs dizaines de chiens, chats et autres perruches, furets et brebis étaient dans la maison. Beaucoup déshydratés, affamés, sales et, certains, malades. De la boue et des excréments se mêlaient au sol. Les forces de l’ordre ont relevé la même insalubrité à l’extérieur et trouvé des cadavres de chiots, chats et pigeons dans un réfrigérateur et un congélateur.

Une excuse pour chaque infraction !

« Les pigeons étaient là pour préparer les chiens aux tests d’aptitude », explique l’éleveuse. Les autres bêtes attendaient d’être récupérées par un vétérinaire. Pour ce qui est du désordre et de la saleté, la gérante admet avoir été dépassée par le nombre de bêtes, 135 chiens et chats selon la prévention.

Elle argue aussi, qu’à l’époque, elle avait un amant. Un argument resservi lorsqu’il s’agit d’expliquer la mort brutale d’un cocker anglais confié à sa garde une semaine, en octobre 2012. L’autopsie montre des contusions et une strangulation.

L’éleveuse assure que ce sont des morsures faites par un autre chien. Son mari est pointé du doigt. Elle tente maladroitement de le dédouaner. Confiant que ce soir-là aussi, elle avait découché… Et de continuer à égrener ses excuses : « Méconnaissance de la loi », procrastination, un équarrisseur aux abonnés absents…

Aujourd’hui, elle fait du toilettage dans le Val-de-Marne, mais elle a annoncé vouloir relancer un négoce de chiens. Les avocats des associations de protection animale ont réclamé que son mari et elle n’exercent plus d’activité en relation avec des animaux et qu’on leur confisque leurs 28 derniers chiens, toujours dans le Provinois.

Le parquet a requis l’interdiction, pendant cinq ans, d’exercer une profession en lien avec les infractions, notamment l’élevage, en plus de 12 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve de deux ans.

Source le Parisien.

 

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