Les animaux étaient gardées dans le sous-sol d’une maison, où ils attendaient d’être abattus pour la fête de l’Aïd.

Huit moutons dans un jardin privé en pleine ville ça n’a rien de commun. Alors quand les habitants d’un petit pavillon de Villeneuve-le-Roi les ont vus chez leurs voisins, ils ont tout de suite contacté l’association de Stéphane Lamart « Pour la défense du bien être des animaux ». « Et grâce à ça on en a sauvé cinq », résume le président.

Tout commence ce jeudi. Quand les voisins aperçoivent les moutons, il y a peu de doutes sur le fait qu’ils sont destinés à être abattus pour la fête de l’Aïd qui commence moins de 48 heures plus tard. L’association Stéphane Lamart avertit donc la DDPP (Direction Départementale Protection des Populations). La police municipale est envoyée sur place constater les faits mais ne trouve rien.

Ce vendredi matin, Stéphane Lamart s’y rend en personne, voit les moutons et se fait confirmer par la famille qu’ils sont bien là pour l’Aïd. « Quand j’ai à nouveau alerté la DDPP, ils ne s’y sont pas du tout opposés et ont très bien compris où était le problème. Ils m’ont dit qu’ils ne l’avaient jamais fait avant, je pense que c’était vrai ».

Cette fois, la DDPP, la police municipale et la police nationale se rendent sur place, et trouvent cinq moutons dans le sous-sol. Un cas peu courant, selon un cadre du commissariat de Villeneuve-Saint-Georges dont dépend Villeneuve-le-Roi. « Aux abords de ces fêtes, nous recevons dans les commissariats un rappel de toutes les infractions que nous pouvons dresser dans le cas où nous trouvons des animaux non autorisés chez des particuliers, précise cet agent. Mais c’est vraiment extrêmement rare que nous ayons à en relever ».

Envoyés dans un refuge normand

Sur ce lot de moutons, trois ont été récupérés par un ami de la famille dont ceux-ci n’ont pas souhaité donner l’identité aux policiers. Entendus cet après-midi, les occupants de la maison ont affirmé avoir acheté chacun des moutons 350 euros. Sans difficulté, ils ont accepté d’abandonner les cinq animaux restant à l’association de Stéphane Lamart, qui a quand même porté plainte pour « mauvais traitements », et promet de « les envoyer couler de beaux jours dans [son] refuge normand ».

« Il faut arrêter d’abattre les animaux sans les étourdir, conclut le président de l’association, profitant de l’occasion pour revenir sur le combat qu’il mène depuis des années. « Pour que la viande soit halal, le cœur de l’animal doit encore battre mais la bête n’est pas obligée d’être consciente ». En France, la loi dispose qu’un animal doit être étourdi avant d’être abattu, mais une dérogation est toujours appliquée pour les fêtes religieuses.

Source texte du LE JOURNAL LE PARISIEN 94

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