En France, les animaleries peuvent encore proposer à la vente des chiots et des chatons. En Grande-Bretagne la vente de nos bébés chiens et chats va bientôt être interdite.

Pour commencer, en Grande-Bretagne ce sont entre 40 000 et 80 000 chiots par an qui seraient vendus, selon l’association de protection des animaux Blue Cross. Avec la nouvelle loi, cela ne sera plus possible.

En effet, chiens et chats âgés de moins de six mois ne pourront plus être proposés à la vente. Cette mesure a pour objectif d’enrayer l’exploitation et les mauvais traitements infligés aux animaux de compagnie, et de favoriser le bien-être animal. Selon le Département de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales (DEFRA), « ceux qui voudront acheter ou adopter un chiot ou un chaton de moins de six mois devront, soit se mettre en relation directement avec un éleveur, soit avec un refuge ». Cette interdiction rentrera en vigueur dès l’année 2019.

Le ministre de l’environnement Britannique, Michael Gove entend ainsi lutter contre « la séparation précoce des chiots et des chatons de leur mère, leur introduction dans des environnements nouveaux et inconnus et [les] voyages multiples que les chiots ou les chatons doivent entreprendre ». « Les gens qui négligent complètement le bien-être des animaux de compagnie ne pourront plus profiter de ce commerce misérable ».

Selon le gouvernement, 95% des personnes interrogées lors des consultations publiques réalisées en amont de l’application de la loi étaient favorables à cette dernière. Cette loi est surnommée la loi « Lucy’s law », en hommage à un Cavalier King Charles Spaniel sauvé d’une « ferme à chiot » au Pays de Galles durant l’année 2013.

La chienne avait passé une grande partie de sa vie dans une cage et n’était plus capable de mettre bas. La pauvre chienne était physiquement épuisée, ses hanches avaient fusionné à cause du manque d’exercice. Une femme, Lisa Garner, a ramené la chienne à son domicile et a sensibilisé ses concitoyens sur la maltraitance animale via notamment les réseaux sociaux. Malheureusement la chienne est morte trois ans plus tard.


Lucy, Cavalier King Charles Spaniel sauvée d’une « ferme à chiot »

L’histoire racontée sur les réseaux sociaux par la femme qui a recueilli la pauvre chienne a ému les Britanniques, une pétition a même été créée et a récolté plus de 150 00 signatures.

La finalité de la loi « Lucy’s law » est donc de mettre fin aux conditions épouvantables des élevages qui submergent le marché. Respecter le bien-être animal est primordial, les animaleries seront désormais autorisées à traiter seulement avec des refuges ou des éleveurs respectant les animaux.

Pour information, en Grande-Bretagne, 49% de la population possède au moins un animal, 11.1 million de chats, 8.9 millions de chiens, 1 million de lapins selon la Britain’s People’s Dispensary for Sick Animals (PDSA), l’organisation vétérinaire britannique.

En France, aucune interdiction n’est à ce jour instaurée concernant la vente de chiots et chatons de moins de six mois, néanmoins une réglementation a vu le jour depuis  le 1er janvier 2016. Cette réglementation contrôle davantage la vente d’animaux auprès des particuliers qui n’avaient jusqu’alors aucune consigne pour vendre un animal. Dorénavant, tout particulier souhaitant vendre un animal doit se procurer un numéro Siren auprès de la chambre d’agriculture de leur département, procédure déjà mise en place pour les éleveurs dits « professionnels ». Cette réglementation constitue une évolution en faveur du bien-être animal.

Une exception toutefois, concernant les chiens et les chats de race, c’est le numéro de portée attribué par les livres généalogiques (Livre des origines français – LOF – ou Livre des origines félines – LOOF -), qui sera requis. Mais au-delà d’une portée, posséder un numéro Siren est obligatoire.

Avant 2016, à moins de deux portées annuelles, tout le monde pouvait s’il le souhaitait vendre un chien ou un chat sans procéder à de quelconques formalités administratives. Situation dénoncée à plusieurs reprises par de très nombreuses associations de protection animale. Certains particuliers pouvaient donc réaliser des trafics d’animaux. Le trafic d’animaux se situe à la troisième place du négoce illégal, après celui des armes et de la drogue. Ce contexte a également un impact sur le nombre d’abandons, puisque les adoptants n’étaient soumis à aucun contrôle. Le bien-être animal n’était donc pas garanti.  

Des progrès restent tout de même à réaliser pour le bien-être animal, l’année 2018 reste une année record en matière d’abandons ; plus de 100 000 abandons rien que pour la période estivale, des conditions de détention dans des animaleries inacceptables, des peines encourues très faibles pour les tortionnaires d’acte de cruauté et de maltraitance, des activités encore acceptées ou tolérées (corrida, chasse, cirque…).

Sources :

https://www.santevet.com/articles/nouvelle-reglementation-pour-la-vente-de-chiens-et-chats

http://lavdn.lavoixdunord.fr/512657/article/2018-12-25/en-grande-bretagne-la-vente-de-chiots-et-de-chatons-interdite-dans-les?fbclid=IwAR1IyJ_RvEi0x_cqZGWgJV7AqcfEvZZa-_n435U04giAL7-2jKvziB8X0g8#Echobox=1545750164

https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/08/22/la-grande-bretagne-veut-encadrer-la-vente-des-chiots-et-chatons-ages-de-moins-de-six-mois_5345010_3214.html

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