LETTRE OUVERTE

Monsieur le Président de la République Française,

C’est avec dégoût et révolte que j’apprends par voie de presse votre intention d’accorder aux chasseurs une réduction de 50% sur leur carte de chasse annuelle.
Vous seriez donc partisan d’accorder cet avantage à des gens armés qui empêchent nos concitoyens de se promener librement dans nos forêts le mercredi et le dimanche ?
D’ailleurs, soit dit en passant, le dimanche n’est-il pas le jour emblématique du repos et des sorties dans la nature ? Il est intolérable qu’il soit monopolisé par les chasseurs, alors que vous savez pourtant que cette chasse peut aussi toucher et tuer des êtres humains victimes d’accident, de simples promeneurs, des enfants aussi, ceux des groupes scolaires qui étudient la nature par exemple… Il est inacceptable qu’un président de la République Française favorise cela.

Vous limitez la vitesse à 80 km/h pour qu’il y ait moins de morts et favorisez la chasse au risque qu’il y en ait plus ? Incohérent et ridicule !

Vous avez supprimé les aides aux associations et aux refuges pour animaux, à ces organismes qui protègent la vie, et vous encouragez les chasseurs à répandre la mort ? Scandaleux et révoltant !
Comment se peut-il qu’un président de la République comme vous, avec votre intelligence, se rabaisse à ce point face aux chasseurs ? Pourquoi cet opportunisme déplacée et malvenue ? Si vous en êtes à ce point, vous perdrez nos adhésions à vos actions.
On ne marchande pas avec la mort.

Vous avez été élu par les Français, pas par les chasseurs. Et parmi ces Français, ceux qui refusent qu’on encourage la chasse comme un sport, un loisir, ceux qui respectent la vie, toute la vie, ceux qui sont engagés dans la protection animale et qui ferment leurs fenêtres pour ne pas entendre les coups de fusil dans la campagne… Avez-vous songé aux milliers de déçus face à une telle annonce ? Savez-vous combien nous sommes, à lutter contre la chasse et le non-respect des animaux ? Savez-vous le poids de la protection animale dans notre pays ?
Ne sous-estimez pas la protection animale de notre pays.

Un président de la République ne peut favoriser ainsi un tel lobby qui ne vit que par la mort, par la pulsion de mort ; vous devez respecter une certaine neutralité sous peine de subir la désapprobation d’une immense partie de notre pays.

Nous ne sommes plus à la préhistoire ; aujourd’hui, les Français sont prêts à faire un scandale pour une chasse à courre que VOUS encouragez pourtant (comme les chasses présidentielles par exemple), alors que l’urgence est tout simplement de l’interdire, tout comme il est urgent d’interdire la présence de mineurs lors de toute chasse quelle qu’elle soit, même en présence de leurs parents. L’urgence, c’est de sensibiliser le monde au respect de toute forme de vie, fût-elle celle d’un animal quel qu’il soit. Un tel progrès n’est-il pas le premier pas pour atténuer toute souffrance inutile, toute discrimination ? Une vie est une vie, c’est LA vie ; et le progrès, c’est d’apprendre à la respecter.

Combien d’animaux, déjà, sont assassinés chaque jour dans les abattoirs pour notre prétendu besoin de consommer leur viande ? Monsieur le Président, cela ne vous suffit donc pas ?
Savez-vous les horreurs qu’ils subissent eux-aussi ? Vous n’avez sans doute jamais mis les pieds dans un abattoir, vous seriez végétarien… Je pense aussi que votre sensibilité vous aurait poussé à intervenir sur-le-champ avec une grande fermeté.

Mais si vous connaissez déjà ce décor, ces regards affolés d’animaux stressés par l’odeur du sang, par les cris de leurs congénères, alors le manque de réactivité dont vous faites preuve sépare nos routes de la vôtre et expliquerait ce « cadeaux », témoin de votre indifférence, que vous faites aux chasseurs aujourd’hui.

Monsieur le Président, ces regards affolés d’animaux dans les abattoirs sont exactement les mêmes que ceux des animaux poursuivis par des chasseurs, les mêmes…
Tuer un animal ne peut être ni un plaisir ni un sport, ni une distraction. Si vous encouragez cela, si vous demeurez insensible face à ces animaux affolés qui traversent nos routes pour chercher refuge, parfois même jusqu’au sein d’habitations en lisière des bois, ou qui se noient pour échapper aux chiens, alors n’intervenez plus dans le monde pour tenter de faire régner la paix.
Qui ne respecte pas la vie d’un animal est indigne de s’occuper de la nôtre.

Je ne peux donc que vous implorer de réviser votre position ; au nom de milliers de personnes. Je m’engage ici à ne pas ignorer votre réponse, à la faire connaître, fût-elle défavorable à notre cause, et à la partager entre tous les protecteurs d’animaux pour qu’ils sachent, qu’ils comprennent votre position exacte et qu’ils en tirent toutes les conclusions qui s’imposeront.

En vous remerciant par avance de votre attention.

Stéphane LAMART
Président-Fondateur

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