Saisis dans un camp clandestin, les animaux ont été sauvés de justesse par l’association de Stéphane Lamart.

Nouvelle opération de sauvetage de Stéphane Lamart. Le défenseur des animaux a trouvé un refuge pour treize moutons récupérés lors de l’Aïd et promis à l’abattoir puis à l’équarrissage. Ils avaient été saisis en septembre dernier dans un camp de Montreuil (Seine-Saint-Denis) transformé en abattoir clandestin. Lorsque les services vétérinaires étaient intervenus, des moutons étaient déjà égorgés sur place.

Le parquet de Bobigny a confisqué les animaux vivants au profit de l’association de Stéphane Lamart qui a obtenu du ministère de l’Agriculture une dérogation pour pouvoir les garder. Les bêtes, qui avaient été vendues sous le manteau sans aucune identification obligatoire, devaient normalement être tuées. La procédure judiciaire suit aujourd’hui son cours.

Les animaux sauvés, huit mâles et cinq brebis, ont rejoint hier après-midi la ferme pédagogique de la Butte-Pinson, à Montmagny. Retrouvant à l’occasion Cornette, la vache noire sauvée à l’été 2015 par l’association Stéphane Lamart. Trois chèvres étaient aussi du voyage, ainsi qu’un bébé cochon découvert errant sur la voie publique, abandonné.

15 h 30, hier, le camion arrive sur la butte de Montmagny, direction un enclos prêté par un voisin de la ferme pédagogique. Le directeur de l’association qui gère la ferme, Julien Boucher, s’inquiète de leur état de santé. « Ils sont tous sur quatre pattes ? Ils vont bien ? » Stéphane Lamart le rassure, indique qu’ils ont tous été identifiés sur le plan réglementaire, précisant toutefois qu’ils sont touchés par la gale ovine. « Je ne peux pas les mélanger avec les autres animaux de la ferme. Il faut les placer en quarantaine, prévient Julien Boucher. Ils ont des problèmes de peau. Nous allons les vermifuger, leur prodiguer des soins. »

Après quelques minutes de stress, les moutons trouvent vite leurs marques. « Si nous n’avions pas pu les amener ici, à Montmagny, ils étaient abattus vendredi (NDLR : aujourd’hui). La fourrière de Seine-et-Marne où ils se trouvaient ne pouvait plus les garder. J’ai appelé Julien à l’arrache, il y a tout juste 48 heures… »

D’ici quarante jours, les animaux regagneront la ferme pédagogique et recevront la visite des nombreux scolaires qui viennent chaque jour visiter les lieux. Ils vont également être pris en charge par des jeunes suivis par la justice, accueillis sur la ferme dans le cadre des TIG. Du travail d’intérêt général prononcé lors d’une condamnation pénale ou dans le cadre du service civique, qui peut être décidé lors de l’aménagement de peine. « Pour éviter les sorties sèches de prison », confie Julien Boucher. « En quittant la ferme, les jeunes qui avaient souvent beaucoup de préjugés ont un autre regard sur la société et les animaux. Ils ont grandi. »

« Cela peut aussi les sensibiliser à la protection animale », prolonge Stéphane Lamart. « Cela permet une ouverture d’esprit, de prendre conscience que les animaux ont des droits et que nous avons des devoirs à leur égard. Pour eux, comme pour les enfants, cela leur donne l’occasion d’approcher des moutons autrement que dans une assiette. »

Source Le Parisien 95

Les commentaires sont désactivés.