Pour juger cette affaire hors norme de maltraitance animale ayant eu lieu il y a plus de deux ans, à Lamagistère (notre édition du 25 janvier 2014), ce n’est pas moins une audience spéciale du tribunal pour enfants (TPE), plusieurs fois renvoyée, qui a été prévue ce matin.

Il faut dire que les faits, d’une «exceptionnelle cruauté» selon l’un des avocats de la défense, avaient marqué tout le village et mis vent debout de nombreuses associations de protection animale. Au premier chef, l’Arpa (Association respect et protection de l’animal) et sa présidente Marie Dubois, venue du département voisin, le Lot-et-Garonne, pour déposer plainte après qu’un riverain proche de l’organisme a recueilli le félin martyrisé.

Un long supplice

Confié au vétérinaire de la commune, le praticien réalisait un examen médical accablant, confirmant les actes de cruauté ayant conduit au décès du chat. L’enquête, ouverte par les gendarmes de la communauté de brigades de Valence-d’Agen, permettait d’identifier rapidement trois adolescents du village âgés de 15 à 17 ans. Interrogés à la brigade, les trois mineurs finissaient par livrer leur macabre scénario aux gendarmes.

Après avoir capturé un chat près de la gare, le trio débutait un long supplice. «Ils l’ont roué de coups, étranglé», confirme une personne proche du dossier. À tel point qu’il est bien difficile de savoir si le félin était encore conscient à ce stade-là. L’un des tortionnaires, le plus jeune, un collégien de 15 ans, se rendait alors chez lui pour récupérer une bouteille d’acide chlorhydrique. Après l’avoir aspergé du liquide corrosif, les ados, qui n’en avaient pas encore fini avec la pauvre bête, s’acharnaient dans une bien macabre mise en scène, usant de pétards disposés dans les orifices du chat. Les trois bourreaux, qui en avaient terminé, abandonnaient leur souffre-douleur, tel un jouet inutile.

Pas de pathologies psychologiques décelées

Au vu des faits d’une rare cruauté, les trois mineurs, qui ont été mis en examen pour ces actes de maltraitances animales, ont fait l’objet d’une expertise psychiatrique. «Cette dernière n’a pas relevé de pathologie particulière et le médecin expert a confirmé qu’ils étaient accessibles à une sanction pénale», nous certifie, à son grand étonnement, l’un des avocats de la défense. Ce dernier rappelait, à juste titre, que les enfants à l’origine de tels actes de cruauté sur les animaux révèlent souvent les prémices de certaines pathologies des sociopathes. C’est peu dire si les avocats des accusés, Mes Séverine Lheureux, Alexandrine Perez-Salinas et l’Agenais François Delmouly, auront fort à faire durant cette audience à huis clos.

Face à eux, pas moins de sept associations de défense des animaux qui se sont constituées partie civile, représentées par l’ardente défenseuse locale de la cause animale, Me Laure Bergès, et son confrère du barreau de Paris, Me Patrice Grillon. Spécialiste en droit animal, ce dernier est notamment l’avocat de l’association parisienne Stéphane Lamart (un ancien policier) qui traite «près de 150 dossiers juridiques, avec une moyenne de 75 procès par an pour 630 animaux défendus». Ce procès, qui se jouera dans le silence du huis clos en raison de l’âge des prévenus, promet donc d’être agité et dispendieux pour les familles des accusés, les associations de protection animale réclamant de 1 000 à 2000 € chacune pour chaque mis en cause…

«Ces demandes sont ahurissantes, elles dépassent les 20 000 €! Il faudrait regrouper les parties civiles qui sont plus nombreuses que les prévenus», tempêtait l’un des avocats de la défense. Le verdict est attendu en fin de matinée. Les trois adolescents, dont l’un est aujourd’hui majeur, encourent, au maximum, un an de prison avec sursis et 5 000 € d’amende, auxquels il faudra, bien entendu, ajouter les importants dommages et intérêts réclamés par les sept associations de défense animale.

Source Max Lagarrigue.

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