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Le 23 juillet 2016, a eu lieu une manifestation anti-corrida de grande ampleur organisée par le CRAC Europe (Comité Radicalement Anti Corrida), l’Association Stéphane Lamart était présente pour soutenir ce combat.

La manifestation avait rassemblé près d’une vingtaine d’associations et fondations françaises ainsi que des organismes de différents pays européens :
Animal (Portugal), Animalisti Italiani (Italie), Animaux en Péril (Belgique), CAS International (Pays-Bas), toutes étaient présentes pour réclamer l’abolition de la corrida en France !

Il s’agissait de la plus grosse manifestation jamais organisée dans cette ville taurine dont la maire est présidente de l’Union des Villes Taurines de France. Par ailleurs, cette manifestation fût marquée par la présence d’une ancienne ministre Rama Yade.

Son discours se portait d’une part sur l’abolition de la corrida en France et d’autre part sur la protection de l’enfance : « Un enfant n’a pas sa place dans une arène, ces « spectacles » morbides ne font que banaliser la violence et le non-respect de la vie animale. »

Les autorités font barrage

Comme à son habitude, le préfet décide de mettre des bâtons dans les roues aux organisateurs de ce rassemblement : les horaires de manifestation et le parcours furent écourtés, les accès aux arènes bloqués. Tout ceci sous le couvert de « l’état d’urgence ».

Or, plusieurs milliers d’aficionados étaient présents pour assister à l’agonie de pauvres taureaux et veaux durant les quatre jours des fêtes de la Madeleine…
Pour clôturer l’omerta, le préfet réquisitionne les chauffeurs de cars transportant les militants, les obligeants à écourter leur temps de repos que la loi impose.

Notre voix s’est fait entendre

Cette manifestation aura permis de réunir un millier d’anti corrida. Les taureaux ont été malheureusement sacrifiés. Une minute de silence a été respectée par les militants.
L’Association Stéphane Lamart continuera de se battre jusqu’à l’abolition de la corrida.

Où la corrida est-elle interdite ?

En Amérique latine, les interdictions à la pratique de la corrida correspondent à la volonté politique et culturelle de se démarquer de l’occupant espagnol. Ainsi, au Chili, en Argentine, à Cuba et en Uruguay, elle est interdite et a disparu. Au Venezuela, malgré l’interdiction de 1894, elle est encore pratiquée.

En Espagne, c’est un décret royal qui met en place un règlement encadrant la corrida en 1917, qui sera refondu en 1962 puis en 1991. La Constitution espagnole stipule que c’est l’Etat qui détient la compétence exclusive en matière de défense du patrimoine culturel, artistique et monumental. Mais dans la pratique, ce sont les communautés autonomes qui décident de la réglementation. En juillet 2010, la Catalogne a ainsi voté l’interdiction de la corrida dans la province.

Au Portugal, la mise à mort est interdite depuis une loi de 1928. Mais cela n’a pas suffi à abolir la pratique de la corrida. En 2000, une loi introduit le droit à la mise à mort dans les communes où la pratique culturelle est encore forte et justifiée.

En France, que dit la réglementation ? La loi Grammont, qui condamne les sévices réalisés sur les animaux date de 1850. En 1951, l’Assemblée nationale vote un texte précisant que « les dispositions [de la loi Grammont] ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition ininterrompue a été invoquée ». En 1959, un alinéa venant compléter la loi précise que la tradition doit être « locale et ininterrompue ». Le conseil des sages a décidé que cette dérogation accordée en vertu de la tradition locale était constitutionnelle. Pour interdire la corrida, il faudrait donc que le législateur change la loi.

Dernière minute :

La corrida radiée du patrimoine culturel immatériel français, l’ancien ministre Frédéric Mitterrand avait inscrit la corrida au Patrimoine Culturel Immatériel de la France, en 2011. Mais heureusement, un premier jugement avait aboli la corrida dans ce classement puis la cour d’Appel de Paris vient de le confirmer !

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