La chasse est une pratique particulièrement cruelle qui consiste à poursuivre et abattre des animaux pour le plaisir de tuer, les adeptes de cette activité appellent cela un « loisir ». Ils l’exercent sous couvert de tradition française et prétendent réguler des populations, alors qu’en tuant certaines espèces, ils sont eux-mêmes à l’origine d’un déséquilibre de la faune sauvage. Le maintien de la chasse pose de surcroît l’inévitable question de son impact sur la biodiversité, déjà en danger.

Il existe diverses formes de chasse comme le piégeage, la chasse à la glu, ou encore la chasse à courre, une pratique particulièrement cruelle qui consiste à poursuivre des animaux durant des heures et à les persécuter jusqu’à épuisement, pour finir dévorés par des meutes de chiens. En France, cette abomination qu’est la chasse à courre est autorisée du 15 septembre au 31 mars.

Crédits : All Creatures

Les accidents liés à la chasse

D’après l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage), le nombre d’accidents de chasse relevés durant les trois dernières saisons de chasse s’élève à 403 dont 44 mortels.

Le plomb : une source de pollution et de maladie

Le plomb est un métal hautement toxique pour les animaux et pour l’Homme. Il peut avoir de graves conséquences en matière de santé mais également sur l’environnement.

Le plomb est responsable d’une maladie appelée « saturnisme », qui peut s’avérer mortelle. Les oiseaux sont fortement touchés par ce phénomène.

Ce qu’en pense la société

La majorité des Français ne se sent pas en sécurité en période de chasse comme le prouve un récent sondage IFOP (réalisé à la demande de l’ASPAS et One Voice), du 12 au 14 septembre 2016. Il confirme que 8 Français sur 10 souhaitent que le dimanche devienne un jour non chassé, et révèle que 9 sur 10 sont favorables à une réforme de l’organisation et de la réglementation sur la chasse.

En 2010, un autre sondage réalisé par One Voice/IPSOS révélait que 79 % des Français étaient opposés à la pratique de la chasse à courre. Ils sont même 75 % à être favorables à son interdiction. Pour les Français, pas de doute, c’est une pratique cruelle pour 85 % d’entre eux, obsolète pour 76 %, dangereuse pour 72 % et perturbatrice de l’équilibre des écosystèmes pour 62 %.

Une pratique privilégiée par les pouvoirs politiques

Malheureusement, les pouvoirs politiques successifs (de gauche comme de droite) ont toujours favorisé la violence contre les animaux de par leur indifférence à cette question autant que par clientélisme.

Les parlementaires ont adopté le 11 avril dernier, le projet de loi portant fusion de l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) et de l’Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). L’Office français de la biodiversité et de la chasse (OFBC) verra donc le jour en 2020. Une énième victoire au profit du lobby de la chasse appuyée par le gouvernement lui-même et offrant une mainmise totale des chasseurs sur la biodiversité…

Crédits : PHILIPPE LOPEZ/AFP/Getty Images

Les choses avancent très vite puisque ce projet de réforme ne date que de l’été 2018 et bénéficie d’une procédure accélérée. En revanche, il n‘est pas encore possible d’en dire autant pour la prise en compte de l’évolution de la condition animale.

Ce projet de loi ne manque pas de surprendre. En vertu de son article 2, un nouveau délit est créé, celui d’empêchement, d’entrave et de gêne à l’acte de chasse (puni d’un an d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende).

Une prise de pouvoir largement favorisée

Les fédérations régionales des chasseurs pourraient se voir confier la gestion des réserves naturelles nationales et des réserves nationales de la chasse et de la faune sauvage, actuellement sous la responsabilité de l’État. Par un principe de « gestion adaptative » toute espèce serait susceptible d’être chassée du fait de son bon état de conservation ou de ses éventuelles problématiques. De plus, les modes de chasse dits « traditionnels » comme la chasse à la glu, l’écrasement, l’étranglement ou l’épuisement, entreraient dans le patrimoine cynégétique national, sans compter la baisse du coût du permis de chasse (passant de 400 à 200 euros), les avantages fiscaux et les fonds accordés par l’État à la Fédération nationale des chasseurs (source : LPO).

Qu’en est-il à l’étranger ?

La chasse est interdite en Inde, dans le sous-continent indien, en Afrique de l’Est et dans le canton de Genève. Elle reste marginale au Pays-Bas.

En ce qui concerne la chasse à courre, au Royaume-Uni et en Écosse, la chasse aux animaux sauvages avec plus de trois chiens est interdite. De ce fait, la chasse à courre y est pratiquée comme un sport équestre en remplaçant le gibier par une odeur artificielle pour les chiens. En Allemagne elle est interdite et a été comme en Angleterre, remplacée par une version inoffensive avec des leurres artificiels comme des excréments ou de la saumure (source : France 3 Régions).

Concernant la chasse à la glu, il existe une directive européenne de 2009, interdisant les « méthodes de capture ou de mise à mort massive ou non sélectives » d’oiseaux mais des dérogations sont prévues quand « il n’existe pas d’autre méthode satisfaisante ».  Elle a donc été validée par le Conseil d’État en décembre 2018, qui a rejeté la demande d’abrogation de l’arrêté ministériel du 17 août 1989 par la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux).
Nationalement, cette pratique est encore cruellement pratiquée dans cinq départements du Sud-Est de la France mais est paradoxalement considérée comme du braconnage dans tous les autres, du fait de la territorialité de cette tradition. Une plainte a cependant été déposée contre la France par la LPO devant la Commission Européenne. Il est à espérer que la Commission se positionne favorablement puisqu’en 2004 la Cour de Justice de l’UE a pu condamner l’Espagne pour l’utilisation de glu à Valence où ce type de chasse est interdit dans l’ensemble du pays.

Crédits : International News

L’association Stéphane Lamart ne lâche rien et s’est toujours opposée à la chasse sous toutes ses formes. Elle le fait savoir en participant à des manifestations ou encore en sensibilisant le public dans le cadre de salons, des pétitions demandant l’arrêt de la chasse sont constamment proposées à nos visiteurs.

En somme, la chasse n’est que synonyme de violence, et fait à appel à l’utilisation d’armes à feu, un réel danger pour les riverains et leurs animaux de compagnie, il faut à présent que cela cesse !

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