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Nous avons accueilli un nouvel arrivant le matin du 26 août à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Ce rescapé nommé Dahuang est un mâle de 3 ans. Il fait parti des nombreux chiens et chats récupérés en Chine par notre association depuis maintenant 1 an.

Il a été conduit dans une famille d’accueil en île de France et attend 3 autres congénères qui arrivent ces prochains jours. Ils seront ensemble conduits dans notre refuge du Calvados pour être par la suite proposés à l’adoption.

Dahuang, rescapé de 3 ans

En 1 an, nous avons déjà rapatrié 37 chiens et chats de Chine, sauvés du festival de Yulin, en partenariat avec des ONG internationales (britannique et allemande) sur place et des bénévoles locaux. Plusieurs autres sont en cours de régularisations sanitaires et administratives afin d’être rapatriés. Ceci afin de « vider » les refuges qui les ont accueillis, soignés, rassurés, nourris, et accompagnés jusqu’au jour où ils embarquent dans un avion en direction de la France grâce aux « flight volunteers ». Souvenez-vous, le premier rapatriement avait eu lieu en août 2019 (9 chiens), nous avions dû attendre plus de 9h avant la délivrance des animaux. Puis les suivants, plus éparses le reste de l’année, afin de ne pas subir la même expérience, réunissant 21 chiens/chats. Les conditions sanitaires suite au Covid, nous permettent quand même pour une nouvelle fois, de récupérer au total 7 chiens sur le mois d’août 2020.

Nous tenons à vous informer qu’il n’est pas facile et évident de rapatrier des animaux de Chine, et que nous devons faire face à de nombreuses difficultés et contraintes. Dès la mise en place de l’opération en juin 2019 : Comment réaliser un tel sauvetage en si peu de temps ? En effet, après avoir pris des renseignements auprès de fondations et d’ONG, il faut en moyenne 1 an et demi avant d’effectuer le premier rapatriement. Pourquoi aussi longtemps ? Tout d’abord pour se renseigner et prendre contact avec des refuges locaux qui chaque année se déplacent et interviennent à Yulin pendant le festival. Il fallait comprendre comment cela fonctionnait.

On nous a tout d’abord mis en garde contre les mafias, les marchés parallèles, et les « fausses » associations, afin de ne pas tomber dans un piège financier et animalier. Mais c’était sans compter sur le savoir-faire et la patience de Célia qui était en charge du service du bureau de protection animale à ce moment-là. Ce qui nous a permis de « monter » cette croisade en quelques semaines.

La seconde difficulté est le respect des règles sanitaires humaines et pour les animaux en provenance de Chine. En effet, deux premiers bénévoles s’étaient déplacés afin de rencontrer les acteurs du refuge avec qui nous avions commencé l’aventure. Nous avons découvert une culture totalement différente sur le plan sanitaire des animaux. Les vétérinaires en Chine sont extrêmement onéreux, idem sur le plan administratif. Ce qui ne facilite pas le bien-être animal. Le peuple chinois n’a pas la démarche de l’adoption. Les chiens dans les refuges y rentrent mais ressortent très rarement. Les personnes dans les refuges font de leur mieux avec les moyens du bord, et beaucoup avec leurs deniers personnels.

La troisième difficulté était les formalités pour les trajets en avion (obtenir les visas malgré notre rassemblement réalisé devant l’ambassade de Chine à Paris un mois auparavant). On ne pouvait pas à chaque trajet envoyer des bénévoles car le coût des billets d’avion aurait explosé. Ce sont les ONG présentes sur place qui ont réussi à trouver des volontaires qui prenaient l’avion Chine-France soit pour raison professionnelle ou familiale. Puis à leur arrivée, nos bénévoles accueillaient tout ce petit monde à l’aéroport avant de partir directement au refuge des Orphelins, où un bilan sanitaire (avec une stérilisation) et une petite quarantaine étaient appliqués (des diarrhées et la trachéo-bronchite infectieuse ont pu être enrayées), avant la mise à l’adoption de ces chanceux.

Il faut savoir que les chats, contrairement aux chiens, restent très perturbés psychologiquement. La sociabilisation est très difficile et il leur faut environ 1 an pour se ré-acclimater à leur nouvel environnement.

La dernière difficulté se trouve ici en France : le changement administratif des chiens et chats avec les délégués des services de l’Etat. Les papiers étant en Chinois la plupart du temps, cela ajoute un énorme frein à leur régularisation. Puis certains des chiens avaient deux puces, ou l’inverse : puce d’identification vierge, ou bien le « titrage » obligatoire avant de quitter le territoire chinois était mal réalisé ou mal interprété… Et là c’était la panique ! 

Bien évidemment, nous avons eu droit à des réflexions qui peuvent tenir en une phrase : « Il y a déjà bien assez d’abandons et de maltraitance ici, pas la peine d’aller là-bas, occupez-vous des chiens français ! ». Que répondre à cet élan d’égoïsme et d’étroitesse d’esprit ? Cette opération a été mené parallèlement à nos actions nationales que nous menons depuis 20 ans, y compris des sorties de fourrière avec délais d’euthanasie. Le financement a été réalisé grâce à une collecte de donateurs qui avaient à cœur de délivrer ces martyres de ce festival. Les dons « habituels » de l’association ont continué à assumer nos actions nationales.

Pour notre association, la détresse animale n’a pas de frontière. Il suffit de regarder une vidéo du festival de Yulin pour comprendre et vouloir se mobiliser, afin de sauver ces animaux de l’enfer. Si le futur nous le permet, nous ferons en sorte de nous rendre où la maltraitance et les actes de cruauté sont courants, aux delà de nos frontières…. Tout en continuant à améliorer les textes de loi et combattre la maltraitance en France.

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