NOS ACTIONS DE TERRAIN

Animaux sur les trottoirs : l’urgence demeure

22/03/2012


 Certains l’ont remarqué, dans certains quartiers de Paris, la mendicité avec les animaux semble plus contrôlée. C’est le cas dans le quartier Saint Michel, autour des Galeries Lafayette ou sur les Champs Elysées à Paris. Pour autant, beaucoup d’animaux sont encore en difficulté. Les citadins en font le constat chaque jour. Pour ces raisons, notre président a récemment écrit à Claude Guéant, ministre de l’Intérieur pour lui rappeler ces problèmes.

Monsieur le Ministre,
Il n'est pas dans mes habitudes d'interpeller un ministre par voie de presse comme j'ai pu le faire aujourd'hui dans le journal « Le Parisien » (édition du 75) pour, une fois de plus, dénoncer publiquement le trafic inquiétant de chiens et de chats dans les campements de Roms autour de notre capitale.

J’ai tenté de sensibiliser en dénonçant médiatiquement ce problème, notamment par le biais d'une grande campagne d'affichage ayant pour titre : "Mais que fait la Police ?", diffusée dans le métro parisien, campagne reprise par l’ensemble des journaux télévisés nationaux. Vous avez certainement dû en avoir des échos.

Avant d'en arriver à une telle campagne de sensibilisation, nous avons pris contact avec le préfet de police de Paris, Michel GAUDIN et le directeur de la police nationale de l'époque, Alain GARDERE. Nous n'avons rien obtenu, ni les organismes de protection animale, ni les parisiens qui ne supportent plus de voir ces animaux maltraités et se plaignent, nombreux, à notre standard téléphonique.

Vous ne pouvez pas ignorer les risques sanitaires que ce problème engendre. Ces personnes, avec leurs animaux, outre le fait que certaines maladies peuvent se propager rapidement (je pense notamment au risque de rage), passent des heures sur les trottoirs ou dans le métro en infligeant à des chiots, chiens, chatons et chats non vaccinés, non stérilisés, et encore moins identifiés, des conditions de vie inacceptables.

Depuis 1999, l'identification des animaux est obligatoire. Malgré nos interventions quotidiennes auprès de la population de l’Est pour lui proposer de stériliser les femelles et vacciner l’ensemble des animaux, force est de constater que nous nous heurtons à un mur.
Par ailleurs, lors de nos dépôts de plaintes pour mauvais traitement selon l’article 654-1 du Code pénal, nous sommes confrontés aux nombreux "refus" de plaintes, ce qui n'est absolument pas normal. La Direction Départementale de la Protection des Populations de Paris a saisi quelques dizaines de chiens en une année, alors que nos associations de protection animale, avec tous les problèmes liés aux refus de plaintes rencontrés, interviennent pour des centaines de cas par an, n’y a t'il pas un problème ?

C'est pour ces raisons que je souhaite un entretien avec les responsables de la DDPP75 et d'un représentant du préfet, afin d’envisager un véritable travail pour éradiquer ces trafics. Il y a urgence.

Stéphane LAMART

La réponse du préfet de police : des points obscurs subsistent


Le 24 janvier 2012, c’est le préfet de police qui répondait à la lettre de notre président. Il confirme que les contrôles sont plus soutenus, bien qu’ils ne soient effectués que sur les sites les plus touristiques. Quant à nos observations concernant les refus de plainte, peu d’éléments, dans cette réponse, nous donnent l’espoir d’une amélioration. Voici les grandes lignes de cette réponse.
Outre la situation administrative irrégulière de chiens et chats, vous pointez les risques vétérinaires et sanitaires associés ainsi que la possibilité de mauvais traitements liée à l’utilisation de ces animaux dans les activités de mendicité. Comme d’autres associations l’ont justement souligné, mes effectifs sont sensibilisés à cette problématique et mènent une action déterminée en la matière. Le respect de l’identification canine et féline telle que prévu à l’article L.212-10 du Code rural et de la pèche maritime, en tant qu’il permet de prévenir les risques sanitaires, notamment rabiques, est ainsi un objectif important de mes services. (...)

Sans doute, mais la plupart des documents sont faux ! Il faut aller plus loin dans les contrôles des papiers d’identification.

En 2010-2011, les opérations spécifiques réalisées conjointement par la direction territoriale de la sécurité de proximité de Paris et la direction départementale interministérielle de la protection des populations ont donné lieu à 62 placements en fourrière animale pour des mises en surveillance de 2 à 6 mois. Sans minorer l’ampleur du phénomène que vous soulignez, force est de constater que la mobilisation des différents acteurs, dont les associations, ont permis un infléchissement des cas signalés en 2011 et l’amélioration de la physionomie sur certains sites particulièrement concernés. Soyez d’ailleurs certain que les signalements précis et circonstanciés de maltraitance ou de ventes illégales que vous pourrez nous faire parvenir seront traités avec la plus grande attention. (...)

Cette dernière phrase devrait nous rassurer, pourtant elle semble contredire la réalité car nous avons encore beaucoup de difficultés pour retirer les animaux victimes de mauvais traitements et déposer nos plaintes. Concernant les mauvais traitements par exemple, mainte fois nous avons été bloqués, sans possibilité de retrait de l’animal qui passe des heures coincé et attaché entre les jambes de son maître. sans eau ni nourriture à sa disposition, sans parler de l’impossibilité d’assouvir ses besoins naturels. Ne sommes-nous pas tentés de dire : Mais que fait la police ?

La circulaire du 13 mai 2011


Cette circulaire a été établie suite aux nombreuses demandes de notre association concernant la mendicité, notamment à Paris. Les commissariats de police et les gendarmeries doivent par conséquent en tenir compte.

Elle a été rédigée et envoyée par le ministre de l’Intérieur et celui de l’Agriculture à tous les préfets de France et rappelle points par points les éléments constituant les mauvais traitements sur animaux liés à la mendicité sur la voie publique.

On y trouve notamment
- Les mauvais traitements à animaux.
- Les règles d’identification des animaux.
- La commercialisation des animaux sur la voie publique.
- La détention des chiens catégorisés.
Ainsi qu’un tableau récapitulatif des sanctions.