Un être vivant considéré comme « objet éphémère »

Contrairement à de nombreux animaux, les poissons rouges, eux, sont souvent considérés comme de vulgaires objets de décoration éphémère et fréquemment placés dans des « pseudo aquarium » qui ne correspondent pas à leurs besoins physiologiques. En effet, ces petits êtres ont un minimum de besoins souvent négligés par leurs acquéreurs. Souvent achetés dans des animaleries ou gagnés dans des kermesses ou fêtes foraines, ces animaux ne font pas l’objet de l’attention et de la considération qu’ils méritent. De surcroît, les poissons rouges sont connus pour leurs bonnes facultés d’adaptation, la pensée populaire veut donc qu’un simple bocal (sans système de filtration) leur suffit. De plus, la rondeur du bocal déforme la vision du poisson à cause de son effet « loupe » ce qui les désoriente et génère du stress. Cela est bien entendu parfaitement erroné !

Mais le poisson rouge… qui est-il réellement ? 

C’est tout d’abord un être vivant capable d’éprouver du stress et de la douleur. Sa mémoire peut remonter jusqu’à 3 mois (non pas deux secondes comme le pense la plupart des gens). Il a besoin en moyenne de 50 à 70 litres d’eau, voir jusque 200 litres s’il est très grand. En effet, dans un aquarium de moins de 40 litres, la croissance de l’animal est mise en danger car il subit alors une nanification provocant ainsi des malformations très douloureuses.

Le poisson rouge vit en moyenne 10 à 15 ans et peut atteindre jusque 20 ans en bassin.

Il produit un grand nombre de déchets organiques, ce qui tend à altérer sa santé lorsqu’il est au milieu de ses propres déchets, de surcroît dans un espace concentré. Une filtration importante est donc impérative à son bien être.

Que nous dit la loi ? 

Article L214-1 du Code rural : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. »

Article L214-4 du Code rural : « L’attribution en lot ou prime de tout animal vivant (à l’exception des animaux d’élevage) dans le cadre de fêtes, foires, manifestations sportives, folkloriques et locales traditionnelles, concours et manifestations à caractère agricole, est interdite. Le représentant de l’État dans le département concerné, établit la liste des manifestations sportives, folkloriques et locales traditionnelles pour lesquelles cette interdiction ne s’applique pas. »

Article L214-7 : « La cession, à titre gratuit ou onéreux, des chiens et des chats et autres animaux de compagnie est interdite dans les foires, marchés, brocantes, salons, expositions ou toutes autres manifestations non spécifiquement consacrés aux animaux.

Le préfet peut autoriser des opérations de ventes d’animaux de compagnie autres que les chiens et les chats pendant une ou plusieurs périodes prédéfinies, par des professionnels exerçant des activités de vente dans des foires et marchés non spécifiquement consacrés aux animaux. Cette autorisation est subordonnée à la mise en place et l’utilisation d’installations conformes aux règles sanitaires et de protection animale en vigueur.

L’organisateur d’une exposition ou de toute autre manifestation consacrée à des animaux de compagnie est tenu d’en faire préalablement la déclaration au préfet du département et de veiller à la mise en place et à l’utilisation, lors de cette manifestation, d’installations conformes aux règles sanitaires et de protection animale. »


Arrêté du 11 août 2006 fixant la liste des espèces, races ou variétés d’animaux domestiques : « Les poissons rouges et japonais (Carcassins auratus) » en font partie.

Chez nos voisins européens

L’interdiction de faire usage de bocaux à poissons est effective en Allemagne, aux Pays-Bas et en Finlande. La vente de bocaux ronds sont interdits en Suisse. En Italie, Monza et Rome interdisent la détention de poissons rouges dans un bocal et le don de ces derniers dans les foires.

Mais alors… Pourquoi la vente de bocaux et la présence de poissons rouges dans les foires persistent en France ? 

Tout d’abord, parce que les élus locaux et forces de l’ordre ne connaissent pas forcément bien les lois relatives à la protection animale, et de ce fait  ne peuvent pas les faire appliquer. Quant aux responsables de ces stands, ils préfèrent ignorer la législation en vigueur. Enfin, il y a le public qui ne s’offusque pas de gagner un être vivant.

Bien que des communes aient dès lors prohibé les poissons rouges dans les foires comme à la fête foraine des Tuileries à Paris, un gros travail de sensibilisation reste à entreprendre à l’échelle nationale !

Photos d’illustration.

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