État des lieux

Les animaux détenus dans les parcs zoologiques n’ont malheureusement pas toujours accès à une eau propre et potable. Ils peuvent également subir un certain inconfort physique du fait d’enclos peu adaptés aux fortes températures et parfois négligés en terme d’entretien. En général, les structures de petite taille non aménagées en adéquation aux besoins des espèces impactent directement leur santé physique, mentale ainsi que leur bien-être.

zoo

Les contacts avec le public sont soumis à des protocoles qui ne sont eux non plus pas toujours respectés. En effet, le public peut nourrir les animaux avec des mets peu adaptés, comme la distribution de pop-corn. De plus, les spectacles ne bénéficient pas d’une visée suffisamment pédagogique, et peuvent être incompatibles à la règlementation, tout comme dans les cirques.

Le pire réside dans le fait que ces mauvaises conditions amènent les animaux à s’échapper, et la plupart du temps ils se feront exécutés pour des raisons de sécurité, comme l’illustre l’abattage d’une lionne échappée d’un zoo belge en juin 2018, tuée d’un coup de feu par la police après une chasse de trois heures et des tentatives d’anesthésie sans succès : double peine.
De plus, garder un animal dans un environnement captif, restreint, prévisible et stérile provoque inévitablement des comportements anormaux.

lionne
Crédits : La libre

Les zoos en chiffre

Selon un rapport de Born Free, Code Animal et de Endcap datant de 2011, et élaboré à partir d’une enquête de 25 zoos sur les 300 autorisés en France, seulement 17% du nombre total d’espèces observées font partie de la catégorie des espèces menacées. Cela révèle donc d’un faible engagement envers leur conservation, et reste paradoxalement un argument martelé par les parcs zoologiques. De surcroît, on constate peu de sensibilisation à la conservation de la biodiversité et un manque d’informations liées aux espèces. Par ailleurs, un zoo sur cinq en moyenne mettrait le public en danger de blessures ou d’exposition à des maladies, et un quart des enclos ne serait pas suffisamment complexe d’un point de vue environnemental. Enfin, 13% du panel étudié ne se conformaient pas à l’obligation de conservation de l’arrêté du 25 mars 2004.

Souffrances endurées

Le Docteur Bruno LASSALLE, vétérinaire et ancien directeur du zoo de Vincennes rappelle l’article L214-1 du Code rural : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. ». Force est de constater que l’enfermement et l’encadrement contraires aux besoins d’une espèce engendrent une série de maux comme l’aller-retour des fauves en cages, le balancement des éléphants, des singes et des ours qui font des mouvements répétitifs manifestant un état de mal-être chronique. Certains pensent d’ailleurs que ces mouvements stéréotypiques chez l’éléphant pourraient être apparentées à la folie humaine. Par ailleurs, les animaux solitaires sont contraints à la vie de groupe et inversement, les animaux sociables sont contraints à l’isolement.

De plus, la plupart des animaux doivent se conformer au climat européen comme pour l’ours polaire, ou les animaux dits « exotiques ». Par exemple, le manque d’humidité peut entraîner chez certains animaux des problèmes respiratoires. Si une espèce souffre trop, elle est susceptible d’être envoyée dans un autre zoo pour être soignée : spirale infernale…

ours polaire

La règlementation

La directive européenne « Zoos » définit les zoos comme étant :
« Tous les établissements fixes ou permanents où des animaux vivants d’espèces sauvages sont détenus en vue d’être exposés au public pendant sept jours par an ou davantage […] ».

La règlementation concernant la détention d’animaux dans les parcs zoologiques est explicitée dans l’arrêté du 25 mars 2004. Les procédures vétérinaires sont inscrites dans le Code rural et les autorisations et inspections dans le Code de l’environnement.

L’opinion publique

Selon l’Eurobaromètre 2016 émis par la Commission Européenne, 93 % des Français pensent qu’il est important d’établir des normes de bien-être animal reconnues dans le monde entier. Selon un sondage IFOP de 2018, 82% des Français sont opposés à la présence d’ours polaires dans les zoos situés dans les régions méditerranéennes.

Une autre controverse est celle du leurre démagogique et commercial (greenwashing) des zoos. Les animaux nés en captivité ont de très faibles chances de pouvoir survivre dans leur habitat naturel, la captivité induit des changements génétiques. Si l’on mettait un terme à l’approvisionnement dans la nature par les zoos ou aquariums, en quatre à six ans, les zoos seraient vides. La préservation et la réintroduction des espèces et de la biodiversité ne seraient que poudre aux yeux. Ces animaux se feraient tuer dans la nature, soit parce qu’ils n’auraient pas acquis les comportements de leurs congénères, soit en chassant une proie trop grosse, ou en devenant eux-mêmes des proies. Le contact avec l’homme qu’ils ont pu connaître est un facteur qui facilite le braconnage, et peut causer un rapprochement de l’animal vers la population.

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Actualité

Le 24 avril 2019, un Groupe de travail, dont nous avons demandé à faire partie, chargé d’œuvrer sur le bien-être animal a été initié par François de Rugy, Ministre de la Transition écologique et solidaire. Il permettrait d’adopter une vingtaine de mesures prioritaires destinées à prendre en compte « le bien-être des animaux non domestiques en situation de captivité […] ».

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