
Huit mois de prison ferme pour actes de cruauté sur son chien
L'association Stéphane LAMART « Pour la défense des droits des animaux » a déposé plainte le 9 avril 2024, à la suite d'un signalement reçu par le service juridique de l'association, faisant état d'une situation de maltraitance grave concernant un chien de type staff, prénommé Mani, découvert à Le Plessis-Trévise (Val-de-Marne) dans un état alarmant.
Dépêchée sur place, l'enquêtrice de l'association a constaté que l'animal était attaché jour et nuit, par tous les temps, à un piquet rouillé, dans un jardinet insalubre, entouré d'excréments, sans aucune sortie ni interaction. Le chien se trouvait dans un état d'abattement extrême, amorphe, le regard éteint, victime de spasmes. Un témoin a par ailleurs indiqué que le propriétaire lui aurait brisé un manche à balai sur le dos.
À la suite de la saisie judiciaire de Mani, intervenue quelques jours plus tard sur instruction du procureur de la République de Créteil, l'animal a été confié pendant plusieurs mois au refuge des Orphelins de l'association Stéphane LAMART en Normandie, avant d'être replacé ultérieurement dans un autre refuge.
Les examens vétérinaires réalisés ont mis en évidence des mutilations prohibées par la loi, notamment les oreilles sectionnées, ainsi que des escarres, des plaies profondes au niveau de l'arrière-train, une maigreur extrême laissant apparaître les côtes et la colonne vertébrale, ainsi que des traces de collier excessivement serré. Le pelage, souillé d'urine et d'excréments, attestait d'une absence totale d'hygiène et de soins. L'ensemble de ces éléments caractérise une souffrance prolongée et des actes de cruauté d'une particulière gravité.
Lors de l'audience du 6 janvier 2026 devant le Tribunal correctionnel de Créteil, le mis en cause était absent. Maître Patrice GRILLON, avocat de l'association Stéphane LAMART, a plaidé la gravité des faits et la nécessité de sanctions fermes afin de prévenir toute récidive. Le Procureur de la République a requis douze mois d'emprisonnement ferme sans aménagement, la confiscation du chien, ainsi qu'une interdiction définitive de détenir un animal.
Le Tribunal est entré en voie de condamnation et a déclaré le prévenu coupable. Il l'a condamné à huit mois de prison ferme avec exécution provisoire sans aménagement, à la confiscation définitive du chien Mani, permettant ainsi son placement en vue d'une adoption responsable, ainsi qu'à une interdiction définitive de détenir un animal, également assortie de l'exécution provisoire.
Sur le plan civil, le Tribunal a condamné le prévenu à verser à l'association Stéphane LAMART 500 euros au titre du préjudice moral,2 387,24 euros au titre des frais de garde et de soins vétérinaires et 1 000 euros au titre des frais d'avocat.
Stéphane LAMART se déclare pleinement satisfait de cette décision judiciaire.
© ASL
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