
Maltraitance animale dans l'Oise : 59 chiens et chats sauvés d’une mort certaine
À Saint-Germer-de-Fly, dans l'Oise, des chiens et des chats ont été découverts dans une propriété insalubre, détenus dans des conditions désastreuses
Affamés, privés de soins et, pour certains, enfermés dans des cages, ces animaux ont été secourus par l'association Action Protection Animale. Un nouveau cas de maltraitance animale qui interroge sur les conditions de détention des animaux ainsi que l'importance des signalements.
Les gendarmes de la brigade du Coudray-Saint-Germer sont intervenus, ce 1er octobre, dans une propriété de Saint-Germer-de-Fly, commune de l'Oise située à une trentaine de kilomètres de Beauvais.
Sur place, ils découvrent plusieurs dizaines de chiens et de chats vivant dans des conditions sanitaires particulièrement préoccupantes.
Alertée, l'association Action Protection Animale (APA) intervient pour prendre en charge les animaux.
Au total, 28 chiens et 31 chats sont recensés par l'association, soit 59 animaux détenus dans un environnement insalubre
À l'extérieur de la propriété, des chiens, principalement issus de croisements de bergers et de chiens-loups, évoluent parmi les détritus et les carcasses de véhicules, risquant de se blesser à chaque pas. Plusieurs d'entre eux sont enfermés dans des cages et sont consignés à des espaces bien trop petits pour leur permettre de bonnes conditions physiologiques.
Les chats, parmi lesquels se
trouvent de jeunes chatons malades, présentent également des signes de
négligence importants. Selon l'association intervenue, les animaux,
squelettiques, ont souffert de graves privations de nourriture, d'eau et de
soins vétérinaires.
Mais ce qui va le plus choquer les intervenants est le comportement de ces
chiens et chats qui, au contact humain, semblent animés d'une peur
particulièrement palpable.
Un signe qui ne trompe pas sur ce qu'ils ont dû endurer depuis des mois.
Des animaux affamés et privés de soins : un sauvetage organisé en urgence
Face à l'ampleur de la découverte, Action Protection Animale organise une opération de sauvetage afin de mettre les chiens et les chats en sécurité.
Plusieurs refuges partenaires se mobilisent pour accueillir les animaux, notamment à Aix-les-Bains (Savoie), Pontarlier (Doubs) et Buigny-Saint-Maclou (Somme).
Pour ces animaux, le sauvetage représente une première étape. Après avoir vécu dans un environnement insalubre, certains pourraient nécessiter une prise en charge vétérinaire prolongée, une alimentation adaptée ou un accompagnement comportemental afin de soigner un traumatisme prononcé.
L'association Action Protection Animale a annoncé avoir déposé plainte. Les personnes mises en cause ont également été placées en garde à vue.
Les investigations devront permettre d'établir les circonstances de cette accumulation d'animaux. S'agit-il d'un élevage clandestin, d'une reproduction devenue incontrôlée ou d'une autre situation de négligence ?
À ce stade, aucune de ces hypothèses ne doit être présentée comme une conclusion de l'enquête.
Accumulation d'animaux : quand la détention devient une situation de maltraitance
Cette affaire de maltraitance animale dans l'Oise met en lumière un phénomène particulièrement préoccupant : l'accumulation d'animaux dans des habitations ou des propriétés qui ne permettent plus de répondre à leurs besoins fondamentaux.
Lorsque les chiens et les chats se multiplient sans suivi vétérinaire, sans stérilisation et sans moyens suffisants pour assurer leur entretien, les conditions de vie peuvent rapidement se dégrader. La promiscuité favorise notamment la propagation de maladies, les conflits entre animaux et les difficultés d'accès à une alimentation suffisante.
Contrairement à une idée encore trop répandue, la maltraitance animale ne se limite pas aux coups et aux actes de violence physique. Maintenir un chien dans un espace insalubre, priver un chat de soins vétérinaires indispensables ou laisser des animaux souffrir de la faim peut également constituer une infraction.
En France, l'article L. 214-1 du Code rural et de la pêche maritime reconnaît l'animal comme un être sensible. Il impose à son propriétaire de le placer dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. Les mauvais traitements et les sévices graves sont par ailleurs réprimés par différentes dispositions du Code pénal et du Code rural, selon la nature et la gravité des faits.
Mais si la législation protège les animaux, encore faut-il que les situations de maltraitance soient identifiées suffisamment tôt pour permettre une intervention.
Combien de chiens et de chats vivent aujourd'hui dans des conditions comparables, sans que personne ne connaisse leur existence ?
Pour l'Association Stéphane Lamart, prévenir la maltraitance doit devenir une priorité
L'affaire de Saint-Germer-de-Fly rappelle une réalité que les associations de protection animale rencontrent régulièrement : trop souvent, les animaux ne sont secourus que lorsque leurs conditions de vie sont devenues insupportables.
L'Association Stéphane Lamart « Pour la défense des droits des animaux », reconnue d'utilité publique, défend la nécessité de renforcer la prévention, la sensibilisation et la lutte contre les mauvais traitements infligés aux animaux. La stérilisation, l'identification, la responsabilisation des détenteurs et le signalement des situations préoccupantes sont autant de moyens de prévenir certaines dérives.
En cas de suspicion sérieuse, il est possible de contacter les forces de l'ordre, les services vétérinaires compétents ou une association de protection animale. Le dispositif national de signalement en ligne et le numéro 3677 permettent également d'orienter les témoins.
Mais la protection animale repose
également sur une prise de conscience collective : un animal n'est ni un objet
que l'on accumule ni une possession dont on peut négliger les besoins. C'est un
être vivant, sensible et dépendant des soins de l'être humain.
Dans l'Oise, 59 chiens et chats ont pu être secourus. Leur avenir dépend désormais de leur prise en charge et des possibilités de réhabilitation et d'accueil.
Ce sauvetage ne doit pourtant pas faire oublier tous ceux qui restent invisibles.
Car la véritable réussite de la protection animale ne se mesure pas seulement au nombre d'animaux sauvés. Elle se mesure aussi au nombre de souffrances que nous aurons su empêcher.
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