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30Mars 2026

Chevaux éventrés, mutilations en série : l’affaire qui sidère la Normandie est rejugée en appel


L'Association Stéphane LAMART « Pour la défense des droits des animaux », reconnue d'utilité publique, sera présente à l'audience du 31 mars 2026 à 9h15 devant la Cour d'appel de Rouen, dans une affaire impliquant un homme poursuivi pour une série de sévices sur plusieurs chevaux en Seine Maritime. Elle sera représentée par Maître Patrice GRILLON.

Entre mai et début août 2025, la Seine-Maritime, et plus particulièrement la région du Havre, est le théâtre d'une série d'attaques d'une violence inouïe visant des chevaux. Le bilan est accablant : 5 animaux tués, 15 autres gravement mutilés. Les faits, répétés, méthodiques, révèlent un mode opératoire d'une cruauté extrême.

Dans la nuit du 31 août 2025, un nouveau cap est franchi dans l'horreur. Au petit matin, la gérante d'une pension équine à Saint-Martin-du-Manoir découvre l'impensable : dans un box, un cheval gît au sol, éventré. En état de sidération, elle inspecte les autres installations. Plusieurs chevaux présentent alors des blessures infligées à l'arme blanche.

Ce drame plonge toute une région dans l'effroi. Depuis les premières attaques, propriétaires et professionnels du monde équin vivaient déjà dans la peur, multipliant les mesures de protection. Les forces de gendarmerie, elles aussi, avaient intensifié les patrouilles pour tenter de prévenir de nouveaux actes et identifier l'auteur.

L'enquête bascule avec la découverte de traces de sang humain sur les lieux des sévices. L'analyse ADN permet une identification rapide : un jeune homme d'une vingtaine d'années, déjà enregistré dans les fichiers. Les perquisitions à son domicile confirment les soupçons. Les enquêteurs y retrouvent plusieurs objets accablants : cutter avec traces de sang séché, massette, clé à griffe, dispositif de clôture électrifiée, matériel de vision nocturne, ainsi que des biscuits destinés à attirer les chevaux.

Derrière ces éléments matériels, une réalité encore plus glaçante se dessine. Les constatations vétérinaires font état de fractures multiples, de traces d'écrasement, de coups répétés, de lacérations profondes jusqu'à 8 centimètres, et d'actes de mutilation particulièrement barbares, notamment au niveau des yeux. Ces animaux, enfermés, sans possibilité de fuite, ont subi des souffrances prolongées face à un monstre humain déterminé.

Interrogé, le mis en cause évoque des « pulsions ». Une altération du discernement est avancée, sans pour autant effacer la conscience des actes. Sur les sept faits qui lui sont reprochés, il n'en reconnaît que deux. Le 26 septembre 2025, le tribunal correctionnel du Havre le déclare coupable et le condamne à 4 ans d'emprisonnement, dont 2 avec sursis probatoire.

Mais pour de nombreux observateurs et acteurs de la protection animale, cette décision ne reflète ni la gravité, ni la répétition, ni la violence extrême des faits. Et c'est dans ce contexte que l'affaire sera entièrement rejugée le 31 mars 2026. L'Association Stéphane Lamart, partie civile, a interjeté appel, estimant la peine insuffisante au regard de la souffrance effroyable infligée, du caractère méthodique des actes et de leur répétition sur plusieurs mois.

Au-delà du dossier judiciaire, une question demeure : comment de tels actes ont-ils pu être commis de manière répétée, dans un environnement surveillé, sans être stoppés plus tôt ? Et surtout, que dit cette affaire de la capacité de certains individus à exercer une violence extrême, gratuite, sur des êtres vivants sans défense ?


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