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27Mars 2026

Concarneau : 2 phoques décapités au couteau a bord d’un navire de pêche breton, leurs corps ont été retrouvés dispersés sur plusieurs zones du littoral


L'Association Stéphane LAMART « Pour la défense des droits des animaux », reconnue d'utilité publique, était présente à l'audience le 27 mars 2026 à 9h00 devant la Cour d'appel de Rennes pour une affaire grave de destruction d'espèces protégées liée à la décapitation de plusieurs phoques à bord d'un navire de pêche breton.

Le 23 février 2019 matin, la gendarmerie de Concarneau est alertée par la capitainerie : une tête de phoque gris est retrouvée immergée et suspendue à une échelle de la digue du port de plaisance. Une découverte particulièrement choquante, tant cette espèce protégée est familière et appréciée des habitués des côtes du Finistère. Quelques jours plus tard, une promeneuse découvre sur la plage du Cabellou le corps décharné et sans tête d'un phoque gris. Puis, un autre phoque décapité est retrouvé quelques jours après à Trégunc.

L'auteur du crime a pu être retrouvé grâce à deux témoins.
Il s'agit un marin-pêcheur travaillant pour un navire de pêche de la région. Entendu le 6 mai 2019 par la gendarmerie, l'auteur des décapitations explique que les filets de pêche sont immergés au moins 48 heures et que des captures de phoques sont fréquentes. Il dénombre d'ailleurs 12 animaux assassinés à bord du bateau en seulement 2 mois de pêche. Le capitaine du navire confirme ces captures et qu'il ne les déclare pas aux autorités concernées. Comme il ne se préoccupe pas non plus de savoir si les animaux sont vivants, morts ou blessés avant de les relâcher en mer. 

Le pêcheur auteur de la décapitation admet avoir utilisé un couteau tranchant pour détacher les phoques pris dans le filet de pêche car cela gênait la remontée de sa prise de calamars du jour. Il explique aussi qu'il conserve souvent les têtes comme trophée de chasse. C'est pourquoi on a retrouvé l'une d'elles sur une échelle de la digue de Concarneau. Elle devait être nettoyée par les animaux marins pour pouvoir en faire un objet de décoration. La perquisition à son domicile a d'ailleurs mis en évidence le caractère répété de ces actes. Un crâne de phoque repeint en gris métallisé y est découvert. L'historique de ses réseaux sociaux montre aussi la fierté qu'il tire à partager ses prises publiquement. 

Le capitaine du navire, au courant des faits commis à son bord, est également poursuivi pour transport et détention d'espèces protégées mortes. On peut s'interroger sur l'application réelle des lois de protection et sur les moyens mis en œuvre pour punir de tels actes. Car cela révèle aussi les habitudes des professionnels de la pêche en mer, qui banalisent la destruction volontaire des phoques à chaque sortie.

À la suite de la décision rendue par le tribunal judiciaire de Quimper, ayant alloué des dommages et intérêts que l'association estime insuffisants au regard de la gravité des faits, l'association a interjeté appel. Elle a sollicité une réévaluation de la condamnation, c'est pourquoi l'affaire a été rejugée dans la matinée du 27 mars 2026 devant la cour d'appel de Rennes. L'association était représentée par Maître Patrice Grillon, son conseil.

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