
Corrida en France : Palavas-les-Flots prête à renouer avec la mise à mort de taureaux en public
Après près de dix ans d'absence de corrida dans les arènes de Palavas-les-Flots, une nouvelle corrida avec mise à mort est programmée en octobre. Une décision qui provoque l'indignation des associations de protection animale
Voilà près de dix ans que la commune méditerranéenne n'avait plus accueilli de corrida avec mise à mort. Son retour, désormais programmé pour octobre, suscite l'indignation des associations et en particulier de Stéphane Lamart qui, dans une lettre adressée au maire, demande à la Ville de prendre clairement position contre cette tradition entachée de sang.
Depuis 2017, les arènes de Palavas « El Cordobés » s'étaient concentrées sur les traditions de courses camarguaises et autres manifestations taurines sans mise à mort. Une évolution qui semblait témoigner d'une prise en considération plus importante de la condition animale.
Néanmoins, la mairie de Palavas-les-Flots a fait savoir, le 26 août 2026, qu'une corrida serait de nouveau organisée au sein de ses arènes. Prévue le 10 octobre 2026 à 16 heures, celle-ci doit prendre la forme d'un « mano a mano » opposant le matador espagnol Morante de la Puebla au Français Clemente.
Présenté comme une « grande corrida de toros », le spectacle doit mettre en scène six taureaux. Dans une corrida classique, la lidia se conclut normalement par la mise à mort du taureau, sauf circonstances exceptionnelles.
Une décision juridique controversée
La législation française réprime les sévices graves et les actes de cruauté envers les animaux. L'article 521-1 du Code pénal prévoit toutefois une exception pour les courses de taureaux « lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».
La corrida ne bénéficie donc pas d'une autorisation générale sur le territoire français : cette exception pénale est conditionnée à l'existence d'une tradition locale ininterrompue.
Or, le cas des arènes de Palavas-les-Flots fait aujourd'hui débat. Aucune corrida n'y aurait été organisée depuis 2017, soit près de dix ans d'interruption.
C'est précisément sur cette notion de continuité que s'appuient les opposants à la corrida, qui contestent la possibilité de réintroduire aujourd'hui un tel spectacle au regard des conditions posées par le Code pénal.
La position floue de la mairie de Palavas-Les-Flots
Dans son communiqué du 26 août 2026, la mairie annonce le retour de la corrida mais tient néanmoins à prendre ses distances avec son organisation.
La Ville explique que les arènes municipales font l'objet d'une délégation de service public au bénéfice de Vincent Ribéra Organisation et que ce dernier a décidé de programmer la corrida. La municipalité affirme donc qu'elle « n'est pas partie prenante de cette organisation ».
Une position qui n'apporte, aux yeux des associations de défense animale, aucune réponse satisfaisante à la question du retour d'une corrida dans un équipement appartenant à la commune.
La lettre de Stéphane Lamart adressée au maire
Dès la publication du communiqué de la mairie annonçant le retour de la corrida dans les arènes de Palavas-les-Flots, Stéphane Lamart, président-fondateur de l'Association Stéphane LAMART « Pour la défense des droits des animaux », a tenu à écrire à Christian Jeanjean, maire de la ville, afin de l'appeler à prendre position contre les divertissements fondés sur la souffrance animale.
« Nous ne pouvons pas nous réjouir de la souffrance ou de la mort d'un être vivant, quel qu'il soit, humain ou animal. Vous ne vous réjouiriez évidemment pas de voir souffrir ou mourir un être humain. Pourquoi devrions-nous alors accepter que la souffrance et la mort d'un animal puissent devenir un spectacle, organisé devant un public et accompagné d'applaudissements ? », écrit Stéphane Lamart dans sa lettre adressée au maire.
« Palavas-les-Flots est une commune touristique, populaire et familiale qui possède suffisamment d'atouts pour proposer des manifestations culturelles, sportives et festives capables de rassembler le public sans qu'un animal soit volontairement blessé puis mis à mort. »
Un recours est-il possible pour tenter d'empêcher la corrida ?
En parallèle de la lettre adressée au maire, l'Association Stéphane Lamart examine l'ensemble des actes et décisions administratives pris dans le cadre de l'organisation de cette manifestation et se réserve la possibilité d'exercer tout recours utile devant le tribunal administratif compétent.
Si les conditions légales sont réunies, une procédure d'urgence pourrait notamment être engagée afin de demander au juge administratif la suspension de l'acte permettant la tenue de la manifestation.
L'association rappelle toutefois qu'elle souhaite privilégier, autant que possible, le dialogue afin d'éviter d'avoir à engager une procédure contentieuse.
« Il ne s'agit pas de nier une culture ni de mépriser ceux qui y sont attachés. Il s'agit de poser une limite éthique simple : aucune tradition ne devrait justifier que l'on fasse volontairement souffrir un être vivant pour distraire un public », appelle Stéphane Lamart dans sa lettre.
Partager :

