
Olivier Bouygues condamné à deux ans de prison avec sursis et 750 000 € d’amende pour destruction d’espèces protégées
Le tribunal correctionnel d'Orléans a rendu son jugement le vendredi 23 octobre 2026 dans cette affaire très médiatisée de pratiques de chasse illégales sur le domaine de Fontenaille, en Sologne. L'Association Stéphane LAMART, constituée partie civile, salue la reconnaissance judiciaire de ces graves atteintes à la faune sauvage.
Faucons crécerelles, hérons, buses, cormorans… Pendant plusieurs années, des animaux appartenant à des espèces protégées ont été illégalement détruits sur la propriété d'Olivier Bouygues, à La Ferté-Saint-Aubin dans le Loiret. Poursuivi aux côtés de cinq autres prévenus, le milliardaire français vient d'être condamné à deux ans de prison avec sursis et 750 000 euros d'amende. Une décision importante pour la défense de la biodiversité.
C'est sur le domaine privé de Fontenaille, en Sologne, que se sont déroulés les faits ayant conduit Olivier Bouygues et cinq autres hommes devant la justice.
Entre 2019 et 2025, plusieurs animaux sauvages, dont des oiseaux appartenant à des espèces protégées, ont été victimes de pratiques illégales destinées notamment à préserver les populations de gibier présentes sur la propriété.
L'enquête menée par l'Office français de la biodiversité (OFB) et la gendarmerie a révélé des découvertes particulièrement préoccupantes : des cadavres d'oiseaux protégés enfouis sous de la chaux, des pièges à mâchoires interdits et un élevage illégal comprenant plusieurs centaines de sangliers et de cervidés.
Parmi les espèces concernées figuraient notamment des faucons crécerelles, des buses, des hérons, des aigrettes et des cormorans.
Ces animaux, pourtant indispensables à l'équilibre des écosystèmes, auraient été éliminés parce qu'ils étaient considérés comme des prédateurs du gibier destiné aux activités cynégétiques du domaine.
L'Association Stéphane LAMART partie civile au procès d'Olivier Bouygues
Les 7 et 8 septembre 2026, le tribunal correctionnel d'Orléans examinait les responsabilités des six prévenus dans cette affaire de destruction d'espèces protégées en bande organisée, d'élevage illégal d'animaux non domestiques et de pratiques de chasse prohibées.
L'Association Stéphane LAMART « Pour la défense des droits des animaux », reconnue d'utilité publique et représentée par Maître Patrice GRILLON, s'était constituée partie civile afin de défendre les animaux victimes de ces agissements.
Durant les audiences, Olivier Bouygues avait contesté toute connaissance des pratiques de ses salariés. Plusieurs témoignages avaient néanmoins fait apparaître des contradictions concernant son implication et les informations dont il disposait.
À l'issue des débats, le ministère public avait requis cinq ans de prison avec sursis et 750 000 euros d'amende à son encontre.
Deux ans de prison avec sursis et 750 000 euros d'amende : le verdict du tribunal
Vendredi 23 octobre 2026, le tribunal correctionnel d'Orléans a condamné Olivier Bouygues à deux ans de prison avec sursis et 750 000 euros d'amende.
Son permis de chasse lui a également été retiré pour une durée de trois ans, avec exécution provisoire.
Les cinq autres prévenus ont été condamnés à des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis, accompagnées d'amendes comprises entre 3 000 et 10 000 euros.
Le tribunal a également reconnu les préjudices subis par les associations de protection animale et de l'environnement constituées parties civiles, en prononçant des condamnations financières au titre du préjudice moral et du préjudice écologique.
Si cette décision marque une étape importante dans la reconnaissance de la gravité des atteintes à la biodiversité, aucune peine de prison ferme n'a été prononcée.
L'avocat d'Olivier Bouygues a annoncé son intention de faire appel du jugement.
Protéger les espèces sauvages est une nécessité, pas une option
Au-delà des condamnations, cette affaire révèle une réalité préoccupante : des animaux sauvages protégés peuvent encore être délibérément éliminés au seul motif qu'ils entraveraient certaines activités humaines, notamment la chasse.
Les rapaces et les autres oiseaux concernés participent pourtant pleinement à la régulation naturelle des populations animales et au maintien des équilibres écologiques.
Aucun intérêt cynégétique ou économique ne saurait justifier la destruction illégale d'espèces protégées.
L'Association Stéphane LAMART rappelle que la protection de la biodiversité ne peut se limiter à des intentions. Elle doit s'accompagner de contrôles, de poursuites et de sanctions réellement dissuasives.
Notre association continuera de se mobiliser devant les juridictions pour défendre les animaux sauvages, faire reconnaître les atteintes dont ils sont victimes et lutter contre l'impunité des auteurs d'actes de cruauté et d'infractions portant atteinte à leur protection.
Partager :

