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21Septembre 2026

Tourterelles des bois : 12 000 oiseaux pourraient être abattus en France cette saison

Après la réouverture de cette chasse en 2025, le gouvernement autorise désormais le prélèvement de 12 000 tourterelles des bois pour la saison 2026-2027. Une décision contestée alors que les experts reconnaissent des incertitudes concernant l'évolution de la population en France.

Elles seront jusqu'à 12 000 à pouvoir être abattues cette année. Par un arrêté du 26 août 2026, le gouvernement a autorisé la chasse de la tourterelle des bois sur l'ensemble du territoire métropolitain à partir du 30 août. Le quota augmente ainsi par rapport aux 10 560 oiseaux autorisés la saison précédente. Une décision qui relance le débat sur la chasse d'une espèce dont l'état de conservation reste surveillé et sur laquelle subsistent d'importantes incertitudes scientifiques.

L'arrêté ministériel du 26 août 2026 ne laisse aucune ambiguïté : la chasse de la tourterelle des bois est malheureusement ouverte sur l'ensemble du territoire métropolitain depuis le 30 août 2026 et le nombre maximal de prélèvements est fixé à 12 000 individus pour la saison 2026-2027.

Ces prélèvements doivent être déclarés en temps réel par les chasseurs au moyen d'une application dédiée. Une fois le plafond national atteint, les fédérations doivent alors informer les chasseurs de la suspension des prélèvements. Tout oiseau tué après cette information constituerait une infraction.

Mais ce quota représente surtout une nouvelle augmentation : 10 560 tourterelles pouvaient être prélevées la saison dernière contre 12 000 aujourd'hui, soit 1 440 oiseaux supplémentaires.



Une espèce qui avait pourtant bénéficié de plusieurs années de répit

La décision intervient après une période particulièrement importante pour la protection de l'espèce. La chasse de la tourterelle des bois avait été suspendue en France pendant plusieurs saisons avant d'être de nouveau autorisée en 2025.

La réouverture repose notamment sur l'amélioration observée à l'échelle de la voie migratoire ouest-européenne et sur un système de « gestion adaptative » permettant d'ajuster les prélèvements en fonction de l'évolution des populations.

Mais cette approche soulève une question essentielle : l'amélioration constatée à l'échelle d'une vaste population migratrice permet-elle de garantir que les oiseaux nichant ou migrant par la France peuvent supporter ces prélèvements ?



Les scientifiques reconnaissent encore d'importantes incertitudes

Le Comité d'experts sur la gestion adaptative (CEGA), sollicité dans le cadre de cette politique, a effectivement formulé une réserve majeure.

Les connaissances disponibles ne permettent pas actuellement de déterminer avec suffisamment de certitude si un quota de prélèvements peut être attribué sans compromettre la stabilité de la population française, ni d'établir pleinement les effets du précédent moratoire. Le comité indique ainsi qu'il n'est pas possible d'affirmer que le quota de 12 000 oiseaux est compatible avec une chasse durable de la population nichant ou migrant par la France. Cette réserve scientifique a d'ailleurs été largement invoquée pendant la consultation publique.

Le constat est clair : l'amélioration observée à une échelle européenne ne fait pas disparaître les incertitudes concernant spécifiquement les oiseaux présents en France.



Les associations saisissent le Conseil d'État pour tenter de stopper la chasse

Face à cette situation, les associations saisissent le Conseil d'État afin d'obtenir en urgence la suspension de l'arrêté.

Les associations contestent notamment le quota accordé et invoquent la situation de la tourterelle des bois en France dont la baisse de la population pourrait avoir un impact réel sur la faune sauvage.



Faut-il chasser une espèce lorsque les incertitudes scientifiques persistent ?

L'enjeu dépasse en effet le seul chiffre de 12 000 oiseaux.

La tourterelle des bois est confrontée à de multiples pressions sur ses habitats et tout au long de son cycle migratoire. Dans ce contexte, la question posée est celle du niveau de précaution que la France souhaite appliquer à la faune sauvage.

Pour les défenseurs de l'arrêté, le système de quotas et de déclaration en temps réel doit permettre une chasse contrôlée, reposant sur l'évolution des populations. Le gouvernement présente d'ailleurs ces dispositions comme un moyen d'assurer une gestion encadrée et scientifiquement suivie.

Pour les associations qui contestent cette chasse, l'incertitude scientifique devrait au contraire conduire à protéger les oiseaux plutôt qu'à autoriser leur abattage.

Lorsqu'il subsiste un doute sur la capacité d'une population sauvage à supporter de nouveaux prélèvements, la protection du vivant doit primer.


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